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RD CONGO : Une guerre économique imaginaire ?

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archives : visite Président Tshisekedi
archives : visite Président Tshisekedi

Par Léonide MUPEPELE

On a réussi à faire passer dans l’imaginaire collectif des congolais l’idée que leur pays serait au centre des enjeux d’une guerre froide entre les Occidentaux d’un côté, et la Chine de l’autre. On tente même de présenter les attentions actuelles des Officiels américains en direction du nouveau Pouvoir congolais comme étant une offensive de charme en vue de damer les pions aux chinois qu’on retrouve aujourd’hui au contrôle de la majorité des mines congolaises. Je suis de ceux qui pensent qu’en réalité, il ne s’agit là que d’une campagne manipulatrice de désinformation aux visées obscurantistes de certains politiciens congolais.

Républicaine ou démocrate, l’Amérique officielle n’a jamais encouragé les investissements américains dans des pays à faible gouvernance comme c’est le cas du Congo d’aujourd’hui. On se souvient encore du retrait irréversible de notre sol des multinationales américaines dont les groupes Exxon-Mobil, General Motors ou encore Intercontinental Hotels Group, à la suite du climat délétère qui a précédé et suivi la chute du régime du Maréchal Mobutu. Aujourd’hui, il faut bien constater que, si les chinois se retrouvent au contrôle de la plupart des mines congolaises, cela s’est fait le plus souvent avec le concours de mêmes occidentaux et notamment des américains qu’on voudrait nous présenter aujourd’hui comme jaloux et envieux des chinois.

On croit peut-être que nous avons déjà oublié que si le Groupe chinois MOLIBDENIUM a aujourd’hui le contrôle de la plus grosse réserve mondiale de cuivre-cobalt au travers de la mine de Tenke-Fungurume, il le doit à un rachat en 2016 des actions du consortium nord-américain, MAC MORAN et LUNDIN. De même, les mines de cuivre de Kinsevere et de Ruashi ont été rachetées par les chinois respectivement aux groupes anglo-australien ANVIL MINING et anglo-sud-africain METOREX. Aujourd’hui encore, nous sommes en train d’assister à la cession progressive de la dernière plus grosse découverte mondiale de réserve de cuivre dans l’ex-Katanga, Kamoa-Kakula (20 millions de tonnes de cuivre en réserve), par le Groupe nord-américain IVANHOE aux chinois de ZIJING Mines, qui détiennent déjà 49,5 % de l’actionnariat de l’entreprise.

Alors de quoi parle-t-on ? Il faut bien comprendre que tant que nous n’aurons pas mis de l’ordre dans nos institutions et que nous n’aurons pas donné des signaux vertueux dans notre gouvernance, les occidentaux passeront par les chinois pour ramener du Congo ce qu’ils ne peuvent pas venir prendre eux-mêmes, par peur pour la sécurité de leurs investissements. En relations internationales, cela, je crois, a un nom : la sous-traitance.
Léonide MUPEPELE

Ingénieur Civil Métallurgiste

17 ans comme haut cadre à SOMINKI (Société Minière et Industrielle du Kivu), où il a occupé successivement les fonctions de Directeur de Production dans les mines de cassitérite, coltan, wolframite et Or, Directeur du Département Etudes et Méthodes, Directeur de Siège à Kamituga.

5 ans comme Expert du Gouvernement congolais pour les questions économiques et minières.

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