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Journée de la femme africaine-RDC: Le nouveau Gouvernement ne devrait pas ignorer les droits et compétences des femmes.

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Le 31 juillet a été consacré « Journée de la femme africaine » à l’occasion du premier congrès de l’Organisation Panafricaine des Femmes (PAWO en anglais) qui s’était tenu à Dakar, au Sénégal, le 31 juillet 1974.

La date historique de 1962 souvent retenue pour cette journée est le 31 juillet 1962. Ce jour là, à Dar es Salaam (Tanzanie), des femmes de tout le continent africain s’étaient réunies pour la première fois et avaient créé la première organisation de femmes, la « Conférence des Femmes Africaines » (CFA) renseignent plusieurs sources

En république démocratique du Congo (RDC) comme partout en Afrique, la journée a vécu sous le thème 2019 : « célébrer les victoires partielles ». C’est dans ce cadre que  www.congo-discovery.net a posé deux questions à quelques femmes congolaises : Question 1. Quels sont selon vous les défis urgents de la femme congolaise ?

Question 2. Que recommandez-vous au prochain Gouvernement pour le développement et l’épanouissement de la femme congolaise en général.

En RDC , la ministre du Genre et de la famille, Chantal Safou a initié la quinzaine des activités relatives à la journée internationale de la femme africaine depuis le 31 Juillet  2019.

Gisèle NGUNGUA

Avocate au barreau de Lubumbashi et assistante à la Cours Pénale Internationale (CPI), elle est l’initiatrice de l’ASBL «Alfa» Action large des Femmes Avocates, une ONG qui œuvre dans le monitoring carcéral et dans l’accompagnement juridique des femmes victimes de violences. Activiste de droit de l’homme sur la scène nationale et internationale notamment par sa participation aux travaux des femmes aux nations unies, human rights watch… Elle est formée en leadership à travers le programme international du gouvernement américain dans ce domaine. Elle est la première personnalité féminine dans le cabinet du Gouverneur du Haut Katanga,  Jacques Kyabula, elle assumera les fonctions de Directeur de cabinet adjoint chargée de la fiscalité.

Me Gisèle Ngungua:  » Aujourd’hui nul ne peut prétendre que les femmes manquent pour gérer des ministères régaliens. Nous espérons que la première dame Denise Nyakeru qui a dit « faire de la parité son cheval de bataille » va souffler à l’oreille du premier citoyen congolais pour matérialiser ses déclarations.

Les partis politiques doivent faire preuve de cohérence politique et proposer également les femmes sur les listes de potentiels ministres dans le gouvernement national à venir ».

 

MBUYI TSHITEYA Marie Jacqueline

Magistrat de carrière depuis 1990, en disponibilité de 2007 à 2018, période durant laquelle, elle a siégé en qualité députée provinciale à Kinshasa,  elle y était Présidente de la commission politique, administrative et juridique. Elle a été : conseillère au cabinet du ministre des droits Humains, conseillère de trois Gouverneurs de la ville de Kinshasa, bourgmestre de la commune de Matete.  Dans les mouvements associatifs, elle est Présidente de l’Asbl « Raising Woman » qui s’occupe de l’épanouissement de la femme et de l’enfant sur tous les plans, membre de l’association des femmes magistrats du Congo (AFEMAC).

  1. Les défis urgents pour la femme congolaise sont multiples. C’est avant tout la reconnaissance de ses capacités et compétences à tous les niveaux sur le plan professionnel.

L’accroissement du nombre des Femmes dans les instances de prise des décisions, afin que sa voix soit entendue et influe sur les grandes orientations.

Trouver un équilibre entre le travail et les obligations familiales pour celles qui sont épouses ou mère.

S’autonomiser financièrement pour être un véritable acteur du développement de la RDC et être  une véritable aide dans le foyer en épaulant financièrement son époux.

  1. recommandation au gouvernants : Que le FCC et CACH tiennent compte du poids démographique de la femme (plus de 50 % de la population ) pour lui attribuer aussi un grand nombre de postes ministériel et pas des moindres car la RDC regorgent de femmes très compétentes.

TSHILENGI  Gisèle

Femme entrepreneure. Après son départ de la Belgique où elle a étudié, depuis  10 ans , elle évolue en RDC. Vice-Présidente du parti politique AeNC (Alliance des élites pour un Nouveau Congo), de Marie Josée Ifoku unique femme candidate aux élections présidentielles de 2018. Spécialiste en Leadership et Management Politique, elle est  Secrétaire Générale Académique à UN Académia, une institution Postuniversitaire, elle est  Présidente de l’association des anciens élèves du complexe scolaire les  Loupiots.

  1. Promouvoir la femme et la jeune fille congolaise en tant que tel…

Lorsqu’on voit comment les choses se passent dans notre pays la RDC, malgré que les filles étudient de plus en plus, on ne leur donne pas beaucoup de chance de pouvoir évoluer de manière professionnelle ou de monter des petites entreprises. Aucun accompagnement, d’où pour la plupart des jeunes filles, elles se focalisent dans le mariage pour avoir un homme qui s’occupera d’elles. Parité femme et homme, depuis des lustres nous militons pour ça, mais c’est encore difficile de le faire respecter. D’où nous devons changer de stratégie, directement exiger des quotas pour la participation des femmes dans le gouvernement.  Prendre des femmes dans la société civile, dans les entreprises, dans les partis politiques, chez les personnes à mobilité réduite et chez les jeunes.

Les compétences sont partout et éparpillées, il faut cibler ces catégories et non rester que dans une liste des partis politiques… D’ailleurs souvent à l’avantage des hommes

  1. Considérer et respecter la femme congolaise comme égale à l’homme congolais dans ses droits. Tout est dans les textes et rien en pratique, c’est le moment de nous prouver la volonté politique par l’application de la loi sans discrimination.

SHARON ROSE KAPINGA KABULWE étudiante en troisième graduat à l’université de Kinshasa à la faculté des sciences en son département de physique. Chef de promotion depuis 3ans, ministre du genre et affaires sociales du gouvernement de la faculté des sciences(2016-2017), ministres de l’information et de  la communication du gouvernement de la faculté des sciences(2017-2018), membre de l’ONG gardien vert bleu, coordinatrice du mouvement african touth leadership forum de l’Unikin, secrétaire du club de physique, membre de l’ong gardien vert-bleu, ambassadrice de la science pour la RDC. Responsable des questions jeunes et étudiants de l’ONG ENFEN (Espace national femmes et enfants), actuellement secrétaire générale de la coordination estudiantine de l’université de Kinshasa.

Humblement, je recommanderai au nouveau gouvernement de mener des actions dont les bénéfices iront effectivement dans le sens d’améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants;

Mais aussi et surtout d’accompagner les étudiants après leur cursus supérieur ou universitaire avec la création de beaucoup d’emplois,  la multiplication des opportunités en faveur de l’auto création d’emploi ou entrepreneuriat des jeunes(par des lois, politiques économiques,…., investisseurs privés et publiques,…)

  finalement de promouvoir la recherche scientifique par la mise à disposition des bourses, des fonds de recherches, insertion de l’aspect partenariat avec les universités étrangères lors des accords diplomatiques avec les autres pays, créer des centrer de recherches en s’inspirant des institutions telles que aims, next einstein…

Aussi, mon souhait est que les femmes de ce gouvernement se distinguent par la qualité de leur travail.

Marie Rose KAMBERE

Maire honoraire de la ville de Béni,  elle a été rapporteur adjoint de la commission électorale indépendante sous l’Abbé Apollinaire Malu Malu (2006 à 2010), entrepreneure dans l’agrobusiness, co-fondatrice du rassemblement des congolais pour la démocratie KML  avec Mbusa Nyamuisi. Actuellement , elle est cadre d’Actions Alternatives pour la Renaissance du Congo, (AARC) de Elysée MUNEMBWE .

Depuis L’aube de temps, la femme Congolaise est victime de part de son identité de défis de tous genres. Elle a été longtemps considérée comme un être inférieure à l’homme jusqu’à sacrifier son instruction pourtant c’est elle qui donne la vie et qui la protège tout en garantissant une bonne éducation à ses enfants.

Paradoxe ! Comment confier l’éducation des enfants à une personne dont l’instruction a été entravé ? Seuls les interdits,  les us et coutumes et les préjugés ont constitué son lot.

Le monde évoluant,  le vent de l’émancipation de la femme a fini par souffler en 1975 au Zaïre devenu République Démocratique du Congo.

À partir de ce moment,  la femme congolaise sort progressivement de sa coquille espérant qu’un jour le chemin à parcourir dans ce long processus de lutte finira par se rétrécir.

A ce stade, malgré les efforts fournis, les défis urgents de la femme congolaise demeurent notamment dans le domaine de la paix et la sécurité, de l’éducation, de l’économie ainsi que de la représentativité dans la gestion du Pays. Par la représentativité de la femme congolaise dans les instances de prise de décision, la situation évolue à pas de tortue.

Une fois cette conscience prise,  la femme congolaise devra se libérer des préjugés, s’informer et se former et s’intéresser à la politique de son Pays. Face aux défis urgents ci-haut évoqués, il est recommandé au prochain gouvernement de:

mettre fin à l’insécurité pour le retour de paix dans l’Est du Pays en particulier et en RDC en général, punir les violences faites aux femmes et aux enfants, procéder à la représentation équitable au sein des institutions nationales à tous les niveaux tout en garantissant la mise en œuvre de la parité homme-femme au sein de ces institutions, mettre L’accent sur la scolarisation des filles et financer les activités initiées par la femme congolaise sur le plan formel et informel en vue de son autonomisation.

NKULU SHABANZA Odette

Ancien cadre de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) du Professeur Modeste Bahati Lukwebo en qualité de Première Vice-Présidente de la ligue des femmes de Lukunga à Kinshasa de 2014 à 2018. Candidate députée provinciale à Kinshasa – Ngaliema  des élections non tenues de 2015. Actuellement, Présidente nationale de la Confédération nationale des femmes du Rassemblement des Démocrates Tshisekedistes (NDLR : RDT, troisième force politique de Cap sur le changement, CACH) plateforme électorale et politique. Diplômée d’université en Linguistique option Français de l’Institut supérieure pédagogique (ISP-Gombe) de Kinshasa. Activiste des droits humains depuis 2006 au sein de Conseil national des droits humains (CNDH).

  1. Les défis urgents de la femme congolaise sont l’égalité de sexe dans la société, dans la famille, dans les affaires et dans la politique. La discrimination devrait cesser. Bref la parité doit être appliquée sans condition.
  2. Nous recommandons au prochain gouvernement de considérer la femme, de laisser la place à la femme, de respecter son quota dans le prochain gouvernement. Et suggérons à la femme congolaise de se soutenir, de faire sa propre promotion. Le gouvernement doit permettre à la femme congolaise de bénéficier d’une auto prise en charge effective et une autonomie financière par l’accès à l’emploi et aux crédits pour les femmes entrepreneures afin de booster leurs activités.

Linda ENDUNDO

Jobfacilitator depuis 2012, Linda travaille à la capacitation des chercheurs d’emplois en majorité africains à trouver les clés de leur employabilité. Elle dispense des formations de professionnalisation qui mènent les apprenants à atteindre des rendements qualitatifs et quantitatifs efficients. En qualité de business facilitator Linda aide des business de la diaspora à recadre leur projet d’investissement à une réalité qui permet la rentabilisation la plus immédiate possible. Offre des consultances en business et développement qui permettent d’avoir les options les plus idéals pour prendre la meilleure décision. Elle a une perception globalisante des défis d’aujourd’hui et de demain et travaille à la résolution de situations emploi, éducation et entrepreneurial pour l’Afrique et surtout pour le Congo. Avoir travaillé dans 7 pays différents européens, canadiens et africains est un atout majeur pour elle dans sa capacité à cerner le style managérial et les attentes des employés en milieu de business et de travail multiculturel standard international. Linda est l’une des références en matières de Coaching emploi en RDC et auteure de publication sur les questions d’emplois.

La femme congolaise a besoin de mettre en avant ses capacités, de faire valoir la position et le rôle incontournable qu’elle joue dans le développement de ce pays. Elle est perçue comme acteur secondaire et informel en RDC. Alors qu’elle est le facteur premier stabilisant et générateur de la société congolaise. Sans le rôle stabilisateur de la femme, le Congo péricliterait, il en va de même de l’Afrique.

  1. La parité et la sélection de femmes à des postes de compétences qui challenge les femmes et les hommes à relever les défis éducatifs, économiques, sociaux et professionnels qui amèneront la RDC à devenir le leader de toute l’Afrique et un exemple de leadership efficient pour l’international.

Patricia CHIKURU MUGARUKA

Architecte et femme entrepreneur dans l’événementiel

  1. Le défis qui pour moi englobe tt les autres et l’éducation. La femme congolaise doit être instruite. Elle doit surtout apprendre à même de remonter son niveau intellectuel.  Elle doit apprendre à valoriser sa matière grise plus tôt que son physique car à mon sens, quand une femme a une tête bien faite et un beau corps, elle peut tout avoir.
  2. Recenser les femmes, les catégoriser afin de bien cibler leurs besoins pour savoir comment leurs venir en aide.

Propos recueillis par Franck Kitenge

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