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Etat des lieux de la parité en RDC: l’avis de Me Gisèle Ngungua en 5 questions.

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Me Gisèle Ngungua , l’une des femmes œuvrant dans le cabinet du Gouverneur de la Province du Haut Katanga. , activiste des droits de l’homme et celle d’avocat
- Me Gisèle Ngungua , l’une des femmes œuvrant dans le cabinet du Gouverneur de la Province du Haut Katanga. , activiste des droits de l’homme et avocate-.Photo : Trust Eye Vision.

Après la mise en place des nouvelles institutions en République démocratique du Congo, de la Présidence aux provinces et dans l’attente du Gouvernement central et du bureau du Sénat , le constat de l’application de la représentation à hauteur de  30% des femmes dans les institutions tels que recommandés par les lois congolaises ne semble pas au rendez-vous. Les femmes sont sous représentées dans les quotas des mandats électifs et dans les différentes nominations intervenues dans le pays.  Nous avons abordé l’évolution du genre en RDC avec Me Gisèle Ngungua , l’une des femmes œuvrant dans le cabinet du Gouverneur de la Province du Haut Katanga.

En sa qualité de femme leader, activiste des droits de l’homme et  d’avocat. Elle a refléchi sur l’évolution de la parité homme-femme en RDC dans un entretien avec la rédaction de www.congo-discovery.net . Propos recueillis par Franck Kitenge.

Gisèle Ngungua, vous êtes avocate et femme politique. Comment analysez-vous l’évolution du genre dans votre pays en général et dans la Province du Haut Katanga en particulier ?

La situation du genre au Congo en Général et dans la Province du Haut Katanga en particulier ne peut que évoluer de manière positive  parce que la femme est entrain de prendre de plus en plus conscience du rôle de premier plan qu’ elle peut ou mieux qu’elle doit jouer dans la société,  et ce, dans tous les domaines d’activités.  Aujourd’hui je puis le dire que le combat pour la participation  de la femme dans la gestion de la Res Publica de la femme commence à payer. Et dans la sous-région,  la RDC donne le ton, vous savez que la deuxième personnalité du pays par ordre de préséance est une Femme, madame Jeanine MABUNDA, l’honorable Présidente de l’Assemblée Nationale. Aujourd’hui, elle vient d’entrer dans le Top 100  du classement FORBES des femmes africaines les plus influentes. 

– Me Gisèle Ngungua , l’une des femmes œuvrant dans le cabinet du Gouverneur de la Province du Haut Katanga. , activiste des droits de l’homme et avocate-.Photo : Trust Eye Vision.

Et sur le plan interne, la Province du Haut Katanga sous la houlette du Gouverneur Jacques Kyabula veut donner le ton,  et ceci se démontre par la nomination de plusieurs femmes à des postes de responsabilité tant au gouvernement que dans son cabinet. Sur les 25 personnalités nommées il y a 10 femmes, soit plus de 40% de représentativité féminine. C’est largement au-delà de 30% tant réclamé.

Je peux dire que la situation évolue pour le meilleur.

Parlons de cette province qui semble  faire exception. Certaines langues considèrent cette application de la parité un peu trop osée pour l’efficacité de l’action gouvernementale menée par le nouveau Gouverneur. Aucun dirigeant congolais n’a jusque-là atteint ce taux de participation des femmes à la gestion. Votre avis ?

Évidemment la décision avant-gardiste qu’a prise le Gouverneur Jacques Kyabula est évidement courageuse, pas osée et à un moment, il faut bien le faire.  Contrairement à d’autres qui ne font que des prières des bonnes intentions pour le compte du genre sans vraiment manifester de la volonté pour accroître la représentation de la femme tant en qualité qu’en quantité,  l’action du Gouverneur est courageuse et un vrai pas vers la modernité et la représentation paritaire homme et femme. Lui-même s’est surnommé « LE CHAMPION DE LA PARITÉ », et ce n’est à tort.

Maintenant,  est ce que cela pourra impacter négativement l’ action du gouvernement? Pas du tout! Toutes les femmes nommées ont eu à faire preuve comme les hommes dans leurs secteurs d’expertise, laquelle expertise sera mise à contribution pour matérialiser la vision du Gouverneur.

Il faudrait savoir que la compétence n’ a pas sexe.

En définitive, il faut non seulement  louer la volonté politique de son Excellence Monsieur le Gouverneur, mais aussi il faudrait placer la confiance en son jugement. Et des toutes les manières, l’efficacité de l’action dépendra plus de son Leadership qui nous transcende tous.

Par quel mécanisme devrait selon vous passer une meilleure implication des femmes dans la gestion du pays et des provinces ? 

Je pense qu’il faut voir la chose dans plusieurs sens : D’un côté il y a d’abord la volonté de la femme elle-même qu’il faut susciter chez les plus jeunes, il faut promouvoir les modèles des femmes qui ont réussi pour servir de fil conducteur aux futurs leaders femmes ensuite apprendre à nos enfants que la gestion ou la vie politique n’est pas qu’une affaire d’homme.  Et donc inciter les femmes à intégrer les formations politiques tout en visant aussi au sein de ses formations des hautes fonctions et pas seulement se contenter des ligues des femmes ou de la trésorerie. Enfin, il faut impacter la société par le savoir, le savoir-vivre, le savoir-faire et le savoir-être.

Il y a quand même un constat amer aujourd’hui c’est de voir qu’aucune femme n’est à la tête d’une grande formation politique en RDC comme par exemple Marine Le Pen en France,  Angela Merkel en Allemagne, pendant des années et elle a décidé de se retirer bientôt et une autre femme part favorite. C’est donc d’un côté à la femme de manifester sa volonté. 

Mais d’un autre côté,  il y a aussi de la volonté politique de la part des collègues hommes qui aujourd’hui sont encore largement majoritaires dans le milieu politique. Même quand ils déclarent aisément qu’on ne fait pas de cadeau en politique, néanmoins le respect des instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux donne des orientations pour atteindre une représentativité conséquente.

Par exemple établir un quota de représentation sur les listes électorales afin d’accroître leurs chances d’être élues. Y a aussi d’autres moyens comme le financement de la campagne électorale des femmes par l’État parce que généralement les femmes ont moins des moyens que les hommes.

Mais aussi pour des postes de nomination, nommer les femmes au moins à ce stade il n’y a pas de compétition « C’EST LE CHOIX DU CHEF SUR DES CRITÈRES OBJECTIFS ».

Vous savez,  la poursuite de la parité n’est pas un don ou une faveur mais une prérogative constitutionnelle, comme le droit à la vie,  il faut donc le promouvoir avec des outils,  politiques et programmes dont la Loi sur la parité.

Quel devrait en être le véritable gage ?

Comme dit ci haut le véritable gage reste d’un côté l’implication de la femme et de l’autre la volonté politique des hommes.

Un message aux jeunes filles, pour qui les femmes émancipées et œuvrant au-devant de la scène sont des modèles.

Ce que je peux dire aux jeunes filles c’est de croire en elles,  de se former et bien se former pour se donner les moyens de réussir,  d’avoir le courage et la persévérance et surtout avoir de l’ambition pour servir les autres.

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